Création de 2010 à 2015

Madeleine Guérin Schietsch

"Ordre et chaos"

"Le monde est un chaos ordonné" :

Cette intuition qui passe souvent pour une boutade attribuée à Einstein nous rappelle que c'est ce que les peintres, depuis la nuit (l'obscurité) pariétale, cherchent à nous montrer.....

La représentation, figurative ou symbolique, installée sur la paroi, dans les creux ou les encoches, nous instruit déjà sur les rapports qu'entretient l'infiniment petit avec l'univers entier.

Depuis des années, elle travaille inscrire les corps dans la matière organique, la matière picturale n'en étant que le médium et là, empruntant d'autres chemins, elle s'est laissée aller à d'abord imaginer la matrice originelle nuit sidérale, végétation encore informelle, roche en fusion et dans cette matière, la chair, sang, muscles, viscères,sans être strictement représentés mais suggérés d'une manière presque sensorielle, a surgi et s'est mêlée étroitement au reste de l'univers.

C'est pourquoi le corps se fait d'abord nuage avant d'être silhouette; c'est pourquoi avant d'être corps il est d'abord silhouette, en mouvement, sur une très grande toile toute en glacis transparents ou statique sur une toile sombre, avec des aplats de nuit qui s'achèvent dans un aplat de rose prometteur d'aube et de souffrance.

Du coup les couleurs, elles aussi, ont muté : les coloris souvent pastels associés à la traduction de la chair sont devenus des bleus nuit intenses, des verts francs, et des ocres qui illustrent la terre dans laquelle a été modelé l'homme des mythes...

 Création de 2010 à 2015

Pour enfin s'associer à des vermillons, couleurs du sang vital.

Madeleine Guerin-Schietsch dit de son travail présent qu'elle "cherche quelque chose qu'elle ne sait pas faire".

C'est à notre œil, notre raison ou notre sensibilité, de mener cette quête avec elle et de trouver ce que nous venons y chercher : pas de réponses mais des questions sur notre rapport à l'univers et à nous mêmes.

Hélène Pavamani

 Création de 2010 à 2015
 Création de 2010 à 2015
 Création de 2010 à 2015

GALERIE NOËLLE ALEYNE

"A PROPOS DE VESTIGES"

"Ma peinture je sais ce qu'elle est sous ses apparences, sa violence, ses perpétuels jeux de force. C'est une chose fragile comme l'amour".

Nicolas de Staël

"Un monde décoloré, fracturé entoure l'artiste. Organiser ce chaos de la conversion en structures, réseaux et articulations, est un processus esthétique auquel on a rarement tenté de toucher".

Robert Smithson

"Voyant extralucide ou extrasensible?

"L'étendue des dégâts", série de tableaux de Madeleine Guerin-Schietsch, emplis d'énergie destructive, l'ont acheminée au rythme de sa respiration vers d'autres compositions touchant au végétal, à la vie, à une "re-création" de la vie.

Souffrances, déchirures, peut être, ont été le prix de cette renaissance, mais aussi la faculté de l'artiste, son pouvoir incantatoire de sauver des cendres les forces dont elles se sont nourries.

La vie est ainsi ressuscitée en une sorte d'arrêt sur image, supposant un avant et un après du aux formes, couleurs, structures qui s'appellent, se séparent, resurgissent d'une peinture à l'autre au travers d'un langage muet, au service d'une énergie pacifiée. D'imperceptibles mouvements saisis au vol l'attestent en même temps que notre émotion grandit.

Plus qu'une représentation, Madeleine Guérin-Schietsch saisit et nous fait saisir le fil ténu de la vie, sa beauté, l'amour qui lui est inséparable. Il ne peuvent être l'un sans l'autre.

En ce sens, Madeleine Guérin-Schietsch est un peintre engagé. Elle nous montre à voir et à respecter cette vie que l'on semble perdre de vue. Sa force créatrice, son âme, sont ses armes. Elles sont fortes.

Aleyne Garcia de Herrerros

 Création de 2010 à 2015
 Création de 2010 à 2015

LA VIE EN PARTAGE

C'est une sensation étrange que de visiter un atelier d'artiste. On se sent presque profanateur d'un lieu où se trouvent des secrets d'alchimiste un peu voyeur aussi, mais surtout privilégié, car nous sommes là dans l'antre de la création en marche.

Dans celui de Madeleine Guerin-Schietsch, certain "à côtés" ont tout à coup parasité notre regard : dessin de fleurs décapitées dans un vase, les boutons tombés autour, plus que fanés, suite et fin d'une observation de décomposition : une sculpture représentant un homme sous perfusion.

L'homme est une sculpture, la perfusion est réelle, médicale! Elle entend redonner vie à l'Art, l'art plastique jugé en danger de mort par certains Quelle autre chose troublante?

Ce livre, album d'un érotisme charnel, avec des découpages-collages au parfum d'amour.

Parfum d'huiles et odeur de lumière.

Est-ce pour cela que les peintures et les dessins nous sont apparis soudain vivants?

Vivants dans le temps et l'espaces?

La vie, perpétuel mouvement, la mort elle-même n'étant que métamorphose. Des toiles structurées des traits aiguisés, comme autant de pattes d'insectes brisant leur chrysalides. Des toiles ou minéral et végétal respirent. Toiles organiques.

Et puis ces dessins ou l'on retrouve la même efflorescence d'autres qui ouvrent entre les arbres des fenêtres de lumière...

Les œuvres saisissent l'abstraction du vivant, de son mouvement, et peut être en cela nous saisissent d'émotions fortes.

Et miracle, arrive cette sensation d'avoir plus d'acuité dans notre regard pourtant troublé....

Aleyne Garcia de Herrerros

 Création de 2010 à 2015

Madeleine Guerin-Schietsch